Qui est véritablement Pattabhi Jois, le père de l’ashtanga Yoga aujourd’hui très populaire ?

Quelle est la vraie portée de ce yoga très physique ?

C’est grâce à Pattabhi Jois que l’Ashtanga Yoga s’est développé et popularisé en Occident. 1948,  est fondé The Ashtanga Yoga Research Institute à Mysore. Depuis ce style de yoga vinyasa a fait bien du chemin !

Pattabhi Jois, un autre élève prestigieux de Krishnamacharya (comme BKS Iyengar), fait partie des quelques pionniers ayant contribué à l’établissement du yoga moderne au XXème siècle.

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Premières années du maître du yoga ashtanga

Sri Krishna Pattabhi Jois est né en 1915 dans le sud de l’Inde.

Son père était astrologue, prêtre et propriétaire foncier. Dès l’âge de cinq ans, selon la tradition, son père lui apprit le sanscrit et les rituels.

Personne dans sa famille ne connaissait le yoga postural.

Rencontre avec Krishnamacharya 

En 1927, alors qu’il avait 12 ans, Jois assista à une conférence et démonstration de Krishnamacharya.

Il eut un coup de foudre absolu, et devint son élève dès le lendemain, en cachette de ses parents. 

Il s’entraîna avec Krishnamacharya tous les jours pendant deux ans, le matin avant l’école.

En 1930, Jois s’enfuit de chez ses parents pour étudier le sanscrit à Mysore. Pendant ce temps, de son côté, Krishnamacharya allait enseigner ailleurs. 

Deux ans plus tard, Jois retrouva Krishnamacharya à Mysore.

Krishnamacharya-et-Pattabhi-Jois

Krishnamacharya et Pattabhi Jois

Pendant ce temps, le Maharaja de Mysore était tombé gravement malade. On rapporte que Krishnamacharya l’avait guéri grâce au yoga, là où d’autres avaient échoué. 

Suite à cet événement, le Maharaja devient le patron de Krishnamacharya et lui établit un yoga shala au palais Jaganmohan. Jois accompagnait souvent Krishnamacharya lors de démonstrations, l’assistait occasionnellement en classe et enseignait en son absence.

Jois étudia avec Krishnamacharya de 1927 à 1929 dans son propre village, puis à Mysore de 1932 à 1953. Il étudia des textes classiques comme le Yoga Sūtra de Patañjali, le Haṭha Yoga Pradīpikā, le Yoga Yajñavalkya et les Upaniṣads.

Yoga Kurunta 

En 1924, Krishnamacharya avait passé un certain temps à la bibliothèque de l’Université de Calcutta. Il semblait apparemment à la recherche d’un supposé texte vieux de 5000 ans nommé Yoga Korunta ou Kurunta. Il le décrivit comme ayant été gravement endommagé et comportant de nombreuses parties manquantes. Le nom Yoga Korunta peut être la prononciation tamilisée des mots sanscrits Yoga grantha, qui signifie « livre sur le yoga ».

Krishnamacharya affirma qu’il avait lui-même appris ce texte de son professeur, Rama Mohan Brahmachari, dans l’Himalaya, à partir d’un exemplaire endommagé puis mangé par les fourmis ! Mais il a aussi raconté d’autres versions sur la façon dont il avait découvert le yoga kurunta.

En tout cas, lorsque Jois commença ses études avec Krishnamacharya, il apprit ce que son maître appelait « la méthode Yoga Kurunta », qu’il lui transmit par oral (ainsi qu’à Iyengar ).

Cela consiste en un système complet de pratiques comprenant :

  • Pranayama
  • Bandhas : verrous énergétiques permettant de retenir et stimuler l’énergie vitale dans le corps (Mula bandha, uddiyana bandha et jalandhara bandha)
  • Dristi : points focaux visuels
  • āsanas
  • vinyasa.

Jois a ensuite enseigné la même méthode, en affirmant l’avoir utilisée comme base pour son système Ashtanga Vinyasa Yoga.

Carrière de Pattabhi Jois

Pattabhi Jois Ashtanga Yoga

Le maharaja de Mysore assistait parfois aux cours de Krishnamacharya lorsque Jois était son assistant. Ainsi il offrit à ce dernier un poste d’enseignant au collège sanscrit de Mysore. Pattabhi Jois a occupa ce poste de 1937 à 1973, et il fut aussi professeur honoraire de yoga au Government College of Indian Medicine de 1976 à 1978. Il y a enseigna jusqu’en 1973. A partir de cette date  il se consacra à plein temps à l’enseignement du yoga dans son yoga shala.

Il écrivit le livre Yoga Mālā en 1958, le publia en 1962, mais la traduction anglaise n’arriva qu’en 1999. « Mala » signifie guirlande et désigne les positions liées comme les perles d’un chapelet par le souffle et le mouvement.  C’est le principe de l’Ashtanga yoga.

En 1948, Jois fonda l’Institut de recherche sur le yoga Ashtanga à Lakshmipuram. En 1964, il construisit une extension à l’arrière de la maison pour une salle de yoga. 

Pattabhi Jois, Ashtanga Yoga

Pattabhi Jois, démonstration d’Ashtanga Yoga

Renommée parmi les Occidentaux  de l’ashtanga yoga

1964 est une année importante, car c’est à ce moment qu’un Belge du nom de André Van Lysebeth passa deux mois avec Jois à apprendre les séries primaire et intermédiaire du système Ashtanga Vinyasa Yoga. 

Peu de temps après, en 1967, van Lysebeth écrivit le livre J’apprends le Yoga, qui mentionnait Jois et incluait une partie de son discours. 

Cela a amené nombre d’ Occidentaux à Mysore pour étudier le yoga.

Les premiers Américains sont venus, après que le fils de Jois, Manju, eut fait une démonstration de yoga à l’ashram de Swami Gitananda à Pondichéry. 

Jois a attira l’attention d’étudiants stars célèbres tels que Madonna, Sting ou Gwyneth Paltrow

Pour faire face au nombre croissant d’élèves, il ouvrit une nouvelle école à Gokulam en 2002. 

Jois continua à enseigner à l’Institut de recherche sur le yoga Ashtanga à Mysore avec sa fille unique, Saraswathi Rangaswamy et son petit-fils Sharath jusqu’à la fin de sa vie.

Il fit son premier voyage en Occident en 1974, en Amérique du Sud, pour faire une lecture en sanscrit lors d’une conférence de yoga internationale. 

En 1975, il passa quatre mois à Encinitas, en Californie, ce qui marqua le début de l’Ashtanga Vinyasa Yoga aux États-Unis.

Il avait dit à maintes reprises que seulement vingt ou trente étudiants pratiquaient l’Ashtanga Yoga en Amérique à l’époque, mais que

« graduellement, graduellement, dans vingt ans, cela se répandrait pleinement. »

Il reviendra plusieurs fois aux États-Unis au cours des vingt années suivantes, pour enseigner le yoga à Encinitas et au-delà.

Exigence de la pratique de l’ashtanga yoga

« Parampara », la transmission du savoir d’enseignant (ou guru) à élève, est au cœur de l’Ashtanga Yoga de Jois

L’enseignement traditionnel de l’ashtanga est exigeant physiquement. Des voyages à Mysore sont encouragés, pour devenir des « détenteurs autorisés de lignées ». 

J’aimerais souligner ici que la pratique de l’ashtanga est à la fois très belle et très demandeuse au niveau physique. Il n’est pas sage, à mon avis, pour des débutants en yoga, s’ils sont sédentaires auparavant, de se mettre d’office à cette pratique. En effet, beaucoup d’effort au niveau articulaire et musculaire sont inhérents à ce yoga. Si vous êtes jeunes et sportifs, formidable.  Rappelons que l’ashtanga a été créé à la base pour des adolescents en pleine force de l’âge. Si vous souhaitez vous remettre en forme et que vous avez passé la barre des 35, 40 ans, je vous suggère de commencer progressivement. 

Un certain nombre de professeurs de yoga constatent  d’ailleurs qu’ils doivent apporter des adaptations à certaines postures, afin de davantage correspondre aux besoins de leur public. De nos jours, beaucoup de professeurs ont réfléchi à la question. Certains enseignent l’ashtanga  pour un certain public, et l’associent pour d’autres à d’autres formes de yoga moins exigeantes physiquement. Je vous conseille en tout cas d’apprendre l’ashtanga yoga avec un professeur formé aux notions d’alignement. En effet, ce yoga magnifique fait appel à de nombreuses postures avancées, et il convient de respecter son corps.

Pour ma part je l’ai découvert à 20 ans, cela fait partie des premiers yoga que j’ai étudiés. Je le pratique encore actuellement, particulièrement quand je veux booster mon organisme avec une série forte. Mais j’ai choisi de pratiquer aussi différemment, car je n’aime pas pratiquer des séries de postures fixes. L’aspect création m’est nécessaire. D’autre part, j’ai choisi de me tourner vers une plus grande adaptation à chacun, en yoga thérapie par exemple.  

Critiques autour du fondateur de l’ashtanga 

The Economist accusa Jois de ne pas appliquer le principe yogique de brahmacharya ou continence sexuelle, et affirma qu’il ne « réajustait » pas  ses étudiantes de la même manière qu’il le faisait pour ses étudiants de sexe masculin. Un article du magazine CounterPunch indiquait que Jois était un « agresseur sexuel avéré sur ses étudiants ». Des accusations selon lesquelles Jois aurait touché des femmes de façon inapproprié pendant des cours de yoga ont également fait surface. S’en sont fait l’écho Yoga Dork, Elephant Journal, Yoga Journal, The Walrus magazine et dans YogaCity, NYC.

La notice nécrologique de The Economist a également mis en doute l’adhésion de Jois au principe yogique de l’ahimsa, la non-violence, affirmant qu’«un bon nombre d’étudiants de M. Jois semblaient boîter, avec des genoux ou des dos blessés, car ils avaient reçu ses « ajustements » alors qu’ils étaient en lotus, en posture avant ou arrière.  « Les ajustements de Jois ont parfois été qualifiés d’accablants, produisant une peur et un inconfort extrêmes chez les étudiants car il les poussait au-delà de leur zone de confort physique et psychologique dans des asanas difficiles, parfois dangereuses. »

Concernant ce dernier point, BKS Iyengar a été accusé d’exercer le même style de pression sur ses élèves. 

Ce qui est vrai, c’est que tous deux ont reçu un enseignement très dur, selon la tradition indienne, de la part de leur maître Krishnamacharya, bien loin des savoirs de la pédagogie actuelle.  Il en est indubitablement resté des traces dans leur enseignement.

Transmission de l’ashtanga

Pattabhi Jois et Sharath Jois Ashtanga Yoga

Pattabhi Jois et Sharath Jois

 

Patthabi Jois eut deux enfants qui enseignent le yoga,  Manju Jois  et Saraswathi .  Ses petits enfants Sharath et Sharmila Mahesh prolongent la transmission . Ils ont tous deux suivi une formation de yoga auprès de Pattabhi Jois depuis leur enfance, qui a joué un rôle actif dans l’éducation de ses petits-enfants. 

Saraswathi et Sharmila, dirigent une école de yoga à Mysore et sillonnent le monde pour enseigner.

Sharath a commencé à aider Pattabhi Jois dans son enseignement en 1990 et a continué à le faire jusqu’au décès de Jois en 2009. À ce moment-là, Sharath est devenu le principal enseignant et directeur de l’Institut de recherche Ashtanga Yoga, qu’il a rebaptisé K Pattabhi  Institut de yoga Jois Ashtanga (KPJAYI) en l’honneur de son grand-père.

La succession de Pattabhi Jois est également reprise par les étudiants qu’il a officiellement autorisés et certifiés, et qui donnent des cours de yoga à travers le monde.

Principes de l’ashtanga vinyasa yoga 

Héritage revendiqué de Krishnamacharya 

Pattabhi Jois affirme que le style de yoga qu’il enseigne est exactement le même que celui que Krishnamacharya lui a enseigné. 

Il reconnaît avoir affiné certaines des séquences de postures que lui a données Krishnamacharya et les a regroupées dans un développement plus clair et systématique de la séquence. Selon lui, cela a eu lieu après des années d’observation personnelle et d’expérience de la pratique. Ceci dans le but de faciliter une plus grande ouverture dans le corps et d’ouvrir la voie à une expérience plus intégrée du yoga. 

Progression nécessaire dans les postures 

Ce qui est particulier avec la méthode d’Ashtanga Yoga enseignée par Pattabhi Jois est que l’étudiant est progressivement conduit à travers une séquence de postures définies, étape par étape. 

  • Chaque élève apprend d’abord les salutations au soleil, Surya Namaskara qui, selon Pattabhi Jois, sont le fondement même de la pratique.
    Elles étaient absentes des premiers enseignements de Krishnamacharya, qui pourtant les connaissaient, car on les enseignait, comme exercice plutôt que comme yoga, dans la salle à côté de son Yoga shala dans le palais de Mysore.
  • Ensuite, l’élève sera progressivement initié à de nouvelles postures, mais seulement s’il affiche un niveau de maîtrise des mouvements élémentaires.

Pattabhi Jois affirme que la méthode qu’il représente éveillera progressivement une plus grande réceptivité à l’esprit de l’intérieur, mais les premières étapes consistent d’abord à nettoyer le corps de ses déséquilibres physiques

Il est en outre catégorique : les postures difficiles ne seront d’aucune utilité si le corps, l’esprit et le système nerveux n’y sont pas préparés. Chaque débutant est donc d’abord familiarisé avec les éléments de base de la pratique constituant les salutations au soleil et les postures debout.

Ce qui est encore plus significatif avec cette forme de pratique, c’est qu’au début, elle peut sembler extrêmement exigeante physiquement, car une chaleur interne intense peut être produite, induisant une transpiration intense qui permet  d’éliminer les toxines.

Bien que ce yoga puisse apparaître physiquement difficile, Pattabhi Jois affirme que l’objectif n’est pas physique, mais de nature spirituelle.  Force et de flexibilité suivront naturellement.

Les séquences  d’ashtanga

Selon ce système, il existe six séquences différentes de postures qu’une personne peut apprendre, également appelées « séries », comportant en moyenne 25 asanas chacune. 

Une minorité de personnes dans le monde sont au-dessus du troisième niveau et ont déjà tenté l’une des dernières séquences.

Sharath Jois Ashtanga Yoga

Sharath Jois

Les dernières séquences sont entourées de mystère, en particulier la dernière. Il est dit qu’ une seule personne vivante au monde y a été initiée. Il s’agirait de Sharath Rangaswamy, le petit-fils de Pattabhi Jois. Certains des exercices ici impliqueraient l’arrêt de ses battements cardiaques et d’autres pratiques extrêmes de contrôle physique des muscles et organes internes.

Première série d’ashtanga

Il est intéressant de noter que la plupart des  vinyasa yoga, « Power Yoga » et autres styles de « Fitness Yoga » qui ont fleuri dans les clubs du monde entier font  tous plus ou moins référence à la série Primaire, la première séquence enseignée par l’AYRI. Cette série, connue sous le nom de Yoga Cikitsa (Yoga thérapeutique) en sanscrit, tente de réaligner et d’équilibrer le corps physique en augmentant le flux d’énergie dans tout le corps en débloquant la circulation au niveau des chevilles, des genoux, des hanches et de la colonne vertébrale.

Deuxième série d’ashtanga

La deuxième série, Nadhi Shodhana (Le purificateur des canaux) travaille plus profondément en essayant d’allonger la colonne vertébrale et de renforcer les organes. On y trouve de nombreuses postures d’ouverture vers l’arrière, des torsions etc, pour équilibrer le flux d’énergie dans l’axe central et augmenter la circulation du sang vers le cerveau.

Séries suivantes d’ashtanga yoga 

Les quatre dernières séries sont les séquences avancées A, B, C et D – en sanscrit appelé Sthira Bhaga (centrage de la force).
Ces postures visent à centrer le corps, l’esprit et le système nerveux de manière plus stable de l’intérieur, mais ne doivent être tentées qu’après des années de pratique, sinon l’effet peut être inverse.
Cette séquence est également appelée la séquence « Rishi » car y sont associés les noms de plusieurs des plus célèbres sages des Védas.
Les postures des séquences A et B consistent en des postures de plus en plus difficiles. Le temps moyen nécessaire pour maîtriser chaque séquence est généralement de deux à trois ans minimum.
Pattabhi Jois Ashtanga Yoga

Vinyasa 

Ce terme signifie « synchronisation du mouvement avec la respiration »

Toutes les poses de l’ashtanga sont liées par des transitions au cours desquelles chaque mouvement est synchronisé sur une inspiration ou une expiration. Chaque pose est tenue pour un certain nombre de respirations, en général cinq. La respiration est la clé du yoga et doit être le premier pilier de la pratique.

La pratique est accompagné de l’usage des bandha ainsi que de la maîtrise des points de regards, les drishti. 

La respiration se fait en ujjayî, qui contribue à élever la chaleur du corps.

À tous ceux qui croient que l’ashtanga sert uniquement à dessiner un corps d’athlète, Pattabhi Jois répond :

« Le yoga n’est pas physique, c’est très faux. Le Hatha Yoga peut certes être utilisé uniquement comme exercices extérieurs, mais ce n’est pas l’avantage ultime du Yoga. Le yoga peut aller très profondément et toucher l’âme de l’homme. Dans le bon sens, le système nerveux est purifié pendant longtemps, de même que l’esprit. Lorsque vous prenez correctement les asanas, pendant longtemps, pratyahara, dharana et dhyana deviennent naturellement plus établis, puis plus clairs d’esprit et plus la réceptivité de soi est provoquée. »

Extrait d’un entretien dans le magazine Namarupa intitulé « 3 Gurus », automne 2004

La pratique :

Vous pouvez voir ici une démonstration d’Ashtanga, où Pattabhi Jois dirige un étudiant

Pattabhi Jois, n’a pas proposé de cours de formation d’enseignant ni de séminaire avancé à ses étudiants. Sa seule exigence est que les gens pratiquent.

« L’Ashtanga Yoga, c’est 1% de théorie et 9% de pratique. »

« Pratiquez, pratiquez, et tout arrive ! »

Pattabhi Jois fait écho à Patanjali quand il appelle son système « Ashtanga Yoga ». Dans le deuxième chapitre des Yoga Sutras de Patanjali, « La Sadhana Pada », nous trouvons d’abord la référence à ce nom, Ashta-anga, les « huit membres », qui constituent les huit étapes intégrées pratiques conduisant à un plus grand réveil progressif du yoga jusqu’à la état final transcendant du Samadhi. 

Mais Pattabhi Jois affirme à plusieurs reprises que l’essence même du yoga doit être plus que la connaissance théorique. Elle doit la transcender et, pour cela, nous dépendons de l’expérience pratique pour intégrer notre conscience à quelque chose de plus important que la simple pensée. 

 « La pratique des asanas et du pranayama consiste à apprendre à contrôler le corps et les sens afin que la lumière intérieure puisse sortir. Cette lumière est la même pour le monde entier et il est possible pour l’homme de faire l’expérience de cette lumière, de son propre Soi à travers un yoga correct. »

« Sans yoga (= expérience pratique), comment la poursuite de la libération peut-elle jamais être possible ? » 

Namarupa Magazine, 2004

Il ressort donc clairement que l’Ashtanga Yoga popularisé par Pattabhi Jois est une enquête sur l’essence du Soi.  Le substrat même de notre être est en jeu, et non juste de simples exercices physiques de mise en forme.