Nous continuons notre série sur le pranayama, avec aujourd’hui le pranayama digital.

Comme nous l’avons vu précédemment (Brahmari, kapalabhati), toutes les techniques de pranayama n’utilisent pas forcément les doigts pour boucher les narines.

Pourtant, d’une manière un peu cliché, on associe très souvent pranayama au pranayama digital.

Avec quels doigts doit-on pratiquer et pourquoi ? 

Qu’est-ce que le pranayama digital apporte en plus des autres techniques ?

Le pranayama digital : une technique  de respiration avancée et subtile

En fait, c’est un niveau intermédiaire / avancé de pranayama. 

L’esprit se concentre sur les doigts, les voies nasales et le souffle. 

C’est pourquoi il vaut mieux avoir une certaine maîtrise : il faut maîtriser l’art du doigté pour favoriser une respiration régulière à travers les deux narines.

De plus, il est nécessaire de s’assoir afin de pouvoir pratiquer le pranayama digital  : il donc est important d’avoir les muscles du dos déjà forts et bien habitués à fournir l’effort de redresser le buste et de laisser les poumons faire leur travail.

C’est donc un type de pranayama plus avancé et plus subtil.

Ce qui ne veut pas dire qu’il soit inaccessible ou qu’il faille quinze ans de pratique dans l’Himalaya pour le pratiquer !

Il est préférable de l’essayer sous la direction d’un enseignant expérimenté.

Nous verrons un exemple de pranayama digital avec anuloma viloma.

Contre-indications du pranayama digital

On ne doit jamais pratiquer pendant un mal de tête, de la fièvre ou quand les passages nasaux sont bloqués.

Pratique du pranayama digital

pranayama digital : technique de respiration yoguique

Dans la pratique du Pranayama digital, les doigts régulent le volume et le flux de la respiration en rétrécissant les voies nasales qui filtrent les impuretés pendant la respiration.

L’inspiration contrôlée à travers des passages rétrécis donne aux poumons plus de temps pour absorber l’oxygène. Ainsi, dans l’exhalation contrôlée, l’oxygène inutilisé est réabsorbé et les déchets sont éjectés.

Les textes de yoga tels que Gheranda Samhita recommandent l’utilisation du pouce, de l’annulaire et de l’auriculaire sur le nez, et insistent sur le fait que l’index et le majeur ne doivent pas être utilisés. Si on les utilise, l’avant-bras et le poignet s’inclinent et deviennent lourds, rendant difficile le maintien du bras.

En outre, on ne peut pas appliquer une pression correcte et précise sur les narines puisque le nez tire les doigts vers le bas.

De même, maintenir l’index et le majeur au centre du front ou étendus vers l’extérieur crée des pressions variables sur le pouce, l’annulaire et l’auriculaire, ce qui provoque une courbure inégale des doigts et un écoulement irrégulier de la respiration.

Par conséquent, lors de la pratique du Pranayama digital, l’index et le majeur sont pliés dans le creux de la paume, le pouce reposant sur la narine droite et l’annulaire et l’auriculaire sur la gauche, avec le poignet placé au centre. Cela permet au pouce, à l’anneau et aux petits doigts de bouger de chaque côté de manière fluide et libre.

BKS Iyengar compare la maîtrise du Pranayama digital à la maîtrise d’un musicien sur son instrument.

En effet, en pratiquant le Pranayama digital, nous «jouons» délicatement des narines avec les doigts pour manier les schémas respiratoires comme si nous jouions de la flûte, en ajustant le flux, le rythme et la résonance du souffle.

Bienfaits du Pranayama digital

Les bienfaits du pranayama digital sont multiples, à condition de pratiquer avec un peu de régularité bien sûr :

  • Le sang reçoit une plus grande quantité d’oxygène que dans la respiration normale, ce qui apaise et renforce le système nerveux. Le pranayama digital est donc particulièrement bénéfique pour les personnes atteintes de troubles neurologiques.
  • L’esprit devient calme et lucide, la concentration est plus grande.
  • Il augmente la puissance digestive.
  • Nettoie les sinus.
  • Booste l’énergie et élève l’esprit.
  • Diminue la fréquence cardiaque et réduit le stress et l’anxiété
  • Synchronise les deux hémisphères du cerveau.
  • Augmente la capacité pulmonaire et l’efficacité du diaphragme.
  • Purifie les canaux d’énergie subtils (nadis) du corps, si bien que le prana coule plus facilement pendant la pratique du pranayama.
  • Développe la force de la volonté, de la détermination, de la stabilité, aide à contrôler les sens et conduit à la connaissance de soi.

Vous voyez au cours de cette série que le pranayama est multiple et, de par les multiples bienfaits qu’il apporte, ne doit pas faire figure de parent pauvre du yoga, qui se limiterait uniquement aux asanas.

Mais ce n’est pas fini ! Vous allez voir que nous avons encore plein de découvertes à faire ensemble.

A très bientôt pour encore plus de pratique !