Réduction du stress, meilleure concentration, augmentation de l’immunité, de la santé cardiaque, perte de poids, nettoyage interne de chaque cellule, motivation, meilleur moral … J’ajoute : gratuitement, sans matériel, et accessible à tous.

Vous êtes partants ?

Oui, je parle bien du pranayama, l’art de la respiration, un pilier du yoga.

Bien sûr, la respiration est tellement « normale », tellement automatisée, ce qui nous est bien sûr très utile, que malheureusement nous n’y prêtons plus attention, ce qui est bien dommage !

Notre vie est rythmée par la respiration, depuis notre premier souffle, jusqu’au … dernier souffle justement !

Entre les deux, le pranayama permet, par le souffle, de maîtriser, d’apaiser les fluctuations du mental, d’optimiser nos capacités, tant physiques, que psychiques et émotionnelles.

Le pranayama sublime notre énergie vitale.

Si on allait voir un peu plus loin ?

“Lorsque le corps est agité, le souffle est agité. Lorsque le souffle est immobile, l’esprit est immobile, le yogin atteint la fixité.” Hathayogapradipika

Qu’est-ce que le pranayama :

Selon l’étymologie, le premier sens du mot « pranayama » est « maîtrise du souffle » ; « prâna » signifiant « souffle » et « yama », « maîtrise, régulation ». Un autre sens de « yama » est « allongement du souffle ».

Le pranayama est donc la maîtrise ou l’allongement du souffle.

Mais il est aussi bien plus.

En effet « Prâna » avec une majuscule fait également référence à l’énergie de l’univers, l’énergie cosmique grâce à laquelle tout bouge, tout vit.

Ce Prana est omniprésent : dans la nourriture vivante (les fruits ,les graines germées, les légumes …), dans l’eau, dans la lumière solaire, dans l’air …

Nous sommes en interconnexion permanent avec le Prâna : par les fosses nasales, les alvéoles pulmonaires, la langue, la peau, derrière la nuque …

Avoir une respiration ample permet donc d’absorber le Prâna. Le corps est ainsi imprégné de cette énergie cosmique, ce qui lui permet un bon fonctionnement.

Vous voyez que  l’on va bien au-delà du simple oxygène.

Le Prâna est aussi un vayu, le souffle de l’expansion ou Inspiration.

Il existe 5 vayus ou souffles :

Prâna : le souffle de l’absorption et de l’expansion. C’est l’inspiration, qui laisse pénétrer l’énergie qui nourrit tout.
Apana : le souffle d’élimination et de l’évacuation. C’est l’expiration qui élimine les toxines pour purifier les nâdis ( réseaux  énergétiques ).
Samana : le souffle de l’équilibre et du centrage.
Udana : le souffle d’élévation, d’élongation, d’allègement. Après apana, l’inspire vient d’elle même avec une sensation d’allègement vers le haut.
Vyana : le souffle qui se répand. Il diffuse la vitalité, là où elle manque, il nourrit le corps.

Ces 5 vayus nous montrent le vaste champ d’action de la respiration.

Yoga-sutras de Patanjali II, 49 : « le Pranayama est l’arrêt des perturbations de la respiration. » ( aussi traduit par arrêt des perturbations du mental ) 

Le pranayama, un pilier fondamental du yoga et une technique de respiration yoguique essentielle

Technique de cette respiration :

Le pranayama est la maîtrise du souffle. il s’agit donc dans un premier temps de prendre, tout simplement, conscience des différents temps de la respiration.

C’est très simple. On imagine que cela peut être compliqué, car les techniques et les termes viennent d’Inde et sont exprimés avec des mots sanskrits ; mais en fait, nous le faisons tous les jours à tous les instants.

Il faut simplement conscientiser ce que l’on fait habituellement en pilote automatique.

« Le pranayama est divisé en trois parties : 

  • recaka (expiration), 
  • pûraka (inspiration) 
  • kumbhaka (rétention) « . « Hatha-Yoga Pradipika » II, 71

Kumbhaka (suspension de souffle) est encore divisée en :

  • antara kumbhaka : suspension poumons pleins
  • bahia kumbhaka : suspension poumons vides

Mais, comme nous l’avons vu, le pranayamaest aussi l’allongement du souffle.

Après avoir pris conscience des quatre temps de la respiration, on cherche donc à allonger ses capacités respiratoires, en mettant en place  la respiration complète (la fameuse « respiration complète yogique », oui c’est elle !) : c’est-à-dire une respiration plus profonde qui associe les trois niveaux de la respiration (abdominale, thoracique et claviculaire) :

  • à l’inspire (pûraka): le souffle emplit d’abord l’abdomen ; en continuant à inspirer lentement, il monte dans le thorax qui se soulève puis, toujours en continuant à inspirer lentement, le souffle emplit le haut du  buste (niveau claviculaire).
  • suspension de souffle, poumons pleins (antara kumbhaka): marquer un temps d’arrêt de une à deux secondes.
  • à l’expire (recaka):  expirer lentement en vidant d’abord la zone claviculaire, puis continuer à expirer lentement pour vider ensuite le thorax qui s’étale, et continuer à expirer en vidant l’abdomen.
  • suspension de souffle, poumons vides (bahia kumbhaka) : marquer un temps d’arrêt de une à deux secondes. Puis laisser l’inspire revenir dans le ventre et monter, lentement, comme une vague très douce, vers le haut du buste.

Respirer de cette manière a un impact que vous ne soupçonnez pas, avec de multiples effets.

Mais à quoi sert le Pranayama ?

Le pranayama, un pilier fondamental du yoga et une technique de respiration yoguique essentielle - temple hindou Prambanan à Java

 Voici ce qui est dit dans les deux textes fondateurs du yoga, les yoga-sutras de Patanjali ( II ème siècle après J.C ) et la Hatha-Yoga Pradipika ( 1500 après J.C ) :

  • stabilité du mental :

  « L’expire et la suspension de la respiration produisent la stabilité du mental. » Yoga-sutras de Patanjali, Aphorisme I, 34

« Lorsque le souffle est agité, l’esprit est agité. Lorsque le souffle est immobile, l’esprit est immobile ; le yogin atteint la fixité. C’est pourquoi l’on doit arrêter le souffle et pratiquer le pranayama. » Hatha-Yoga Pradipika,  II, 2

  • Circulation des énergies subtiles :

« C’est pourquoi, il faut pratiquer le pranayama chaque jour dans un état d’esprit sattvique, jusqu’à ce que la susumma nâdi soit nettoyée des impuretés qui l’obstruent. » Hatha-Yoga Pradipika,  II, 6

Effets du pranayama selon la tradition indienne :

  • Concentration :

« Celui qui a maîtrisé le souffle, a du même coup maîtrisé l’esprit. Et celui qui a maîtrisé l’esprit, a du même coup maîtrisé le souffle. » Hatha Yoga Pradipika, IV,21

« Et l’esprit devient capable des diverses formes de concentration. » Yoga-sutras II ,53

  • Guérison des maladies :

    « Le pranayama correctement exécuté détruit toutes les maladies » HY II, 16

  • Pour cela, le pranayama va brûler les toxines

    Le corps est considéré comme une chaudière : 

L’action de la respiration se subdivise en deux zones :

– le haut réservé à l’inspire : le Prâna permet à l’énergie de rentrer. L’inspire favorise la combustion, elle accentue la flamme.

– le bas destiné à l’expire : apana, c’est le souffle qui va éliminer et évacuer. L’expire va favoriser l’élimination des toxines en les brûlant Les toxines étant brûlées, les énergies subtiles vont mieux circuler, telle la kundalini, ce qui va permettre

  • l’éveil de la conscience,

but ultime du pranayama :

« Avec justesse, on doit chaque fois rejeter l’air, avec justesse l’inspirer, avec justesse le retenir, ainsi obtient-on l’accomplissement parfait. » Hatha-Yoga Pradipika, II, 18

« alors ce qui cache la lumière se dissipe ». Yoga-sutras de Patanjali, II, 52

« assis en padmasana, on doit maintes fois pousser vers le haut l’apana vayu et pousser vers le bas le prana inspiré. Celui qui accomplit ceci atteint par la puissance de la sakti à un éveil incomparable. »  Hatha Yoga Pradipika, I,48

Effets physiologiques de la respiration selon la science moderne :

Vous allez voir que mettre en place une respiration consciente, lente, ample et régulière  a des effets incroyables :

  • Un massage physiologique gratuit  : 

Lors d’une inspire complète, le diaphragme se lève et se baisse amplement. Du coup, chacun de nos organes abdominaux bouge aussi, glissant les uns contre les autres, changeant de forme, tirant sur ses tendons de fixation sur leur fascia et glissant. Ces actions physiques sont essentielles à la santé de nos organes.

La tonification du muscle du transverse est particulièrement importante pour notre organisme :

Les intestins et le foie en sont les principaux bénéficiaires : le foie est décongestionné et le tube digestif (ainsi que la rate, l’estomac et le pancréas) sont massés et tonifiés.

Or, dans notre mode de vie actuels, ces organes sont souvent maltraités, ce qui a de multiples conséquences sur notre santé, car intestins et foie sont deux piliers, desquels dépendent notre bonne santé mentale et physique.

  • Un petit ménage dans l’organisme : 

La respiration apporte l’oxygène : les poumons et le cœur font office de pompe, ce qui fait circuler le sang, qui apporte ainsi de l’oxygène pur à nos cellules (qui en ont un besoin vital). En retour, les cellules déversent leurs déchets (gaz carbonique). Ce sont dans les poumons que ces déchets de l’organisme sont brûlés. 

Une bonne respiration évite que des germes se développent (comme par exemple le bacille de Koch, responsable de la tuberculose, mais aussi bien d’autres).

De plus, vider complètement les poumons

  • Renouvelle l’air vicié accumulé dans le tiers inférieur des poumons, qui sont ainsi plus sains, exempts de toxines.
  • Permet aux poumons d’être nourris de manière optimum et donc d’être plus souples, pour fonctionnels.
  • Un renforcement des anticorps :

Lorsque nous pratiquons la respiration yogique complète, nous augmentons également la vitesse des fluides circulant dans tous les tissus de notre corps, ce qui favorise une meilleure nutrition des cellules, une élimination plus efficace des déchets et une meilleure défense immunitaire. 

Notre corps contient de 6 à 10 litres de lymphe (bien plus que le sang, de 3,5 à 5 litres) qui se trouve autour de nos vaisseaux sanguins, de nos organes et de nos cellules.

Lors de l’inspire et de l’expire, alternativement on sature et presse nos tissus (comme lorsque l’on nettoie un éponge), ce qui nettoie notre liquide interstitiel.

Notre système lymphatique est chargé de lutter contre les infections et de la désintoxication en général. Il est ainsi bien plus opérationnel et efficace.

Le grand spécialiste du jeûne Désiré Mérien a découvert que certaines techniques de respiration pouvaient faire diminuer drastiquement l’acidose du corps (source de quasiment toutes les pathologies) encore plus rapidement que le jeûne.

Le pranayama, un pilier fondamental du yoga et une technique de respiration yoguique essentielle

Le pranayama a aussi de multiples effets psychiques :

Lorsque l’on respire mal, non seulement cela a une influence néfaste sur notre santé physique, mais aussi sur notre psychisme.

Instinctivement, nous savons bien que la manière dont nous respirons est liée à notre état émotionnel.

C’est également démontré par la science.

Notre système nerveux autonome est séparé entre système nerveux sympathique et système nerveux parasympathique.

Le système sympathique nous met sous tension pour être capable de répondre à une menace, tandis que le parasympathique le modère et est à l’origine de la relaxation.

Dans une vie saine, ces deux systèmes devraient s’activer et se désactiver régulièrement en réponse aux événements de la vie.

Malheureusement, dans notre monde moderne, nous stimulons excessivement notre système nerveux sympathique et sous-stimulons notre système nerveux parasympathique, avec des conséquences désastreuses pour notre santé. Vivre avec un système nerveux sympathique surchargé dans une réponse de stress habituelle contribue à presque tous les domaines de la maladie, des maladies cardiaques et de l’hypertension aux difficultés digestives, au diabète, aux maux de dos, aux douleurs articulaires, aux troubles auto-immuns, à l’insomnie …

Or, une pratique quotidienne de pranayama stimule le système nerveux parasympathique. Prendre le temps chaque jour d’activer consciemment le système nerveux parasympathique va, avec le temps, réduire de manière significative les risques pour la santé associés à un stress chronique.

Quel est le but final du pranayama ?

Le pranayama, un pilier fondamental du yoga et une technique de respiration yoguique essentielle

Il existe une « quatrième modalité de respiration qui dépasse le plan de la conscience et qui nous amène à cet état de méditation qu’est le samadhi » ; Yoga-sutras de Patanjali, Aphorisme II, 5

Dans une approche traditionnelle indienne, selon les textes de l’Inde classique, le pranayama cherche à favoriser un état de méditation pour éveiller la conscience.

C’est ce que les Yoga-sutras vont nommer la quatriième modalité de la respiration : (Aphorisme II,51)

« Une quatrième modalité de la respiration dépasse le plan de conscience où l’on distingue inspire et expire. »

Le souffle est ainsi suspendu dans une communion avec le subtil. Il s’agit d’une non respiration prolongée, dégagée de la notion du temps, la conscience d’être étant pleinement éveillée. Apparaît alors, un ravissement intérieur.

La difficulté réside dans le fait qu’il ne faut pas assujettir le pranayama au contrôle mental, qui est l’opposé de cette réalisation ; il faut lâcher prise totalement,  réaliser une attitude contemplative à partir du cœur énergétique, anahata chakra.

Toutes les pratiques précédentes doivent permettre de réaliser avec aisance Kevala Kumbhaka, afin d’atteindre l’éveil de la Kundalini et le niveau du Raja Yoga (qui est l’éveil de la conscience et l’unité avec l’Absolu). Mais bien sur il y a plein d’étapes qui ne doivent pas être brûlées pour respecter l’organisme.

Vous voyez donc toute la portée du pranayama ! 

C’est bien pourquoi les techniques en sont multiples.

Ainsi, nous verrons plus précisément dans les prochains articles les techniques de cohérence cardiaque, de respiration claviculaire tirée de la Thérapie du champs mental, des pranayamas allongés,  du  brahamri, de viloma, de kapalabhati, du pranayama digital, de bahstrika, de sitali, de sitakari … Vous aurez de quoi vous entraîner !

Plus nous pratiquons, plus nous constatons notre maîtrise sur nos émotions, donc plus nous avons confiance en nous. C’est un cercle vertueux qui s’installe.

Si cette pratique perdure depuis des millénaires, c’est bien qu’elle est réellement efficace !

Alors, prêts à vous lancer ?